UNE DÉMARCHE INNOVANTE
à la fois artistique et humaine


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Par équipe de quatre, des danseurs professionnels évoluent à l'hôpital, de chambre en chambre, à la rencontre de chaque personne qui le souhaite.
Des chorégraphies courtes et adaptables à tous les espaces viennent surprendre et émouvoir. Ces moments dansés sont source de plaisir. Ils se basent sur un art qui parle à beaucoup, quels que soient  l'age, la culture, l'éducation, la position sociale, l'état physique ou psychique.
Chez les patients, la vision des corps en mouvement et l’écoute de la musique activent les mémoires sensorielles et émotionnelles. Les pensées se détournent de sensations qui peuvent devenir envahissantes, et la douleur est, peut-être un temps, apaisée.



Dans sa conception, le projet de la compagnie ACM Ballet en milieu hospitalier ne cible aucune spécialité plus particulièrement. La danse exerce un pouvoir magique sur les publics les plus variés.
Les demandes se diversifiant, la compagnie est amenée à intervenir dans un large spectre de services.




Une démarche innovante

• Il s’agit purement de spectacle, sans rien à voir avec l'art-thérapie ou un travail d'ateliers/d'improvisations participatives ou pas. Les chambres deviennent scènes, pour le plaisir à la fois des connaisseurs (anciens danseurs, ou amateurs de ballet...) et de ceux qui n'ont jamais eu l'occasion d'assister à des représentations. Cette proposition n'a aucun objectif d'étude, de recherche, d'observation; aucune finalité autre que la création de moments de plaisir et d'échange autour de la danse.

• Non seulement les artistes font entrer la danse
à l’hôpital sous une forme spectacle, mais ils touchent de façon personnalisée des personnes que leur état isole. En réunissant patients, familles, soignants, les intermèdes dansés créent entre les uns et les autres de nouveaux liens qui dépassent les préoccupations communes habituelles (maladie, soins, handicap, etc).

• Les danseurs évoluent dans les services sur des journées complètes. Ils font naviguer leur chariot-loge au milieu des chariots de soin et s’arrêtent dans les chambres à la demande des patients qui souhaitent quelques minutes de spectacle, ou sur suggestion des professionnels de la santé.

• L'action touche les personnes quel que soit leur âge, leur milieu social, leur culture, leur langue, leur pathologie. Elle est aussi dirigée vers les soignants, qui profitent d'intermèdes festifs au milieu de leur travail.


Objectif

Proposer des instants de plaisir et d’échange autour de la danse.

Les effets

- Le cadre et les circonstances (douleur, soins) passent un peu en arrière plan.
- Un courant d’air frais chamboule le quotidien sans perturber le fonctionnement des unités.
- Un mieux-être des personnes, un mieux-vivre à l’intérieur de l'univers du soin.
- Des liens nouveaux entre les différents acteurs de la communauté hospitalière.
- Des moments de plaisir pour le personnel aussi, qui créent un autre regard, une plus grande disponibilité/écoute envers les patients.


Le chariot : une loge mobile. On y trouve de tout, la chaine hifi, des chaussons, de la laque, les costumes, de l'eau, la conduite du jour ... En début de journée, il est bien rangé, puis au fil des chambres ...



Communiquer 

La perte de mémoire et de repères spatiotemporels est l’incidence majeure des maladies de type Alzheimer ou apparenté, pour autant les centres de l’émotion ne sont que peu ou pas touchés. Des évènements peuvent être oubliés, mais émotions et souvenirs qu'ils ont suscités sont ancrés au plus profond de chacun. Certaines formes de mémoire persistent tant que la vie persiste. On peut facilement en conclure que si la mémoire émotionnelle reste, c'est par elle que peut se faire la communication.
L’un des aspects de l’art, justement, est de permettre l’expression de l’émotion et, du coup, il devient un lien essentiel avec l’entourage quand d’autres formes de communication disparaissent.

« J'ai lu avec attention votre projet qui s'inscrit tout à fait dans l'esprit de ce que je souhaite promouvoir au sein de notre établissement : des divertissements et des spectacles déconcentrés pour toucher le plus grand nombre, et donner un moment de bonheur et d'évasion à ceux, en particulier, qui ne se déplacent plus. Les résidents hospitalisés dans les services de long séjour sont de plus en plus âgés et malades, c'est donc la culture et le spectacle qui doit aller vers eux. Vous avez tout mon soutien dans cette entreprise difficile mais qui apporte tant de bonheur et fait oublier les vicissitudes de la vie aux personnes qui nous sont confiées. À bientôt j'espère et bravo ! » (Hôpital Sainte Périne - Paris 16)




Considérations artistiques

Dans le contexte particulier de l'hôpital, la compagnie ACM Ballet a choisi de concevoir les chorégraphies comme elle le ferait pour des lieux dédiés au spectacle. Elle apporte couleurs, fantaisie, humour, sensualité, surprise là où il est habituellement question de tout autre chose.
Les danseurs compensent l'inadaptation des lieux par le choix des costumes et des musiques, une diffusion sonore de qualité, et le travail.


CRÉATIVITÉ : l’idée de danser dans des espaces réduits, comme des chambres, semble contraire à la formation et à l'expérience d'un danseur. Mais les contraintes (peu d'espace, absence d'éclairages et de décors), et la fréquence des passages dans les services, jouent comme des moteurs de créativité. Il faut imaginer en continu des chorégraphies courtes et adaptables à des espaces variables, qui amènent plaisir et émotion en quelques instants. Les pièces dansées doivent tenir compte aussi de la proximité du public, du fait que les spectateurs, souvent alités, ont un champ de vision restreint.
Le répertoire évolue en permanence, avec de nouvelles créations tous les mois, proposées essentiellement par les danseurs eux mêmes, selon leurs envies et disponibilités, dans tous les styles. Pour chaque passage de la compagnie dans un même lieu, la surprise quant au programme du jour est complète.

PRÉCISION : le cadre impose une grande maîtrise des mouvements. Dans les chambres, la télévision, le vase, les tableaux, le fauteuil et… le patient ne sont jamais bien loin.

EXPRESSION : les danseurs sont "à nu", sans la protection que constitue habituellement la distance entre la scène et le public. D’où l’importance des regards, en particulier.



Quelques idées que nous gardons en tête : 

Interventions de chorégraphes extérieurs qui s’engageraient à nos cotés en créant pour nous des chorégraphies, ou en nous transmettant des pièces de leur répertoire à adapter et proposer dans les hôpitaux. Une fois intégré le "cahier des charges" liés à la spécificité des lieux, il y a toute liberté dans les propositions quant au choix des musiques, au style, aux compositions des programmes.

Idem pour des couturiers, qui pourraient imaginer des costumes. Une vitrine inhabituelle pour leur travail. Un impact immédiatement visible. Le bonheur de participer à des créations artistiques là où il s'en fait peu.

Avec une générosité dont nous leur sommes infiniment reconnaissants, Wilfride Piollet et Jean Guizerix, danseurs étoiles de l'Opéra de Paris, ont accepté en 2008 de parrainer notre démarche.